Lundi 20 décembre 2004
Il y a deux jours, la sentence est tombée. Implacable.
-"Sarah, il est temps de faire ta chambre. Une chatte n'y retrouverait pas ses petits!!"
J'ai soupiré de découragement mais n'ai eu d'autre chois que d'obéir.
C'est alors qu'en vidant mon profond tiroir, j'ai retrouvé des lettres. Il y avait du courrier que j'avais échangé il y a quelque années avec une correspondante, et j'allais reposer le paquet, quand j'ai vu le coin d'une feuille rose dépasser. J'ai tiré dessus et une toute petite lettres est apparue.Elle disait :
"Cher Pépé,
Maman et Papa ne voulait pas m'emmener avec eux à l'hôpital pour te voir. Les médecins disent qu'on risque de te refiler une maladie. Je voudrais tellement te revoir! Mémé m'a dit de t'écrire et elle m'a promis de te donner cette lettre. Je voulais juste te dire de garder courage car Dieu est avec toi et que je prie pour toi. Je ne suis pas sur de te l'avoir déjà dis, mais je t'aime Pépé, je t'aime très fort
Ta petite fille
Sarah"
Submergée par l'émotion, les larmes ont coulées bien avant que je ne finisse de lire cette lettre que j'avais écrites il y a 4 ans. Une lettre qu'il n'avait eu. Il est mort peu après, sans savoir que sa petite fille l'aimait. Une vague de nostalgie a deferlé et l'écume de mes souvenirsa jailli. Je me suis revue dans son immense verger, allant d'arbre en arbre pour goûter à tout les fruits; je nous voyais, mes cousins et moi, jouant à cache-cache et tant d'autre jeux qui peuplaient notre enfance...Notre joie innocente de l'époque, de ces enfants qui ne connaissent pas encore les soucis des grands, me revient comme si elle ne m'avait jamais quitté. A travers mes larmes j'ai souris quand je l'ai revu sur son banc, avec son Marcel blanc et sa bière posée sur son ventre quand il guettait notre arrivée. Il faisait notre joie; c'étais toujours lui qui réunissait la famille pour les grandes fêtes comme Noël ou les anniversaires...Mais depuis qu'il n'est plus, tout c'est dégradé...Penser à sa mort fait renître en moi des souvenirs douleureux...car un malheure ne vient jamais seul...le jour même je me suis fracturé la jambe...Je n'ai même pas pu assister à son enterrement.J'étais à l'hôpital, le coeur lourd, sachant ma famille réunie pour pleurer un être cher...T'écrire cela, cher journal, est plus que difficile, est le papier se mouille de mes larmes. en plus de la douleur physique, c'est ajouté la douleur du coeur.Et je n'ai vécu cela qu'a distance...malgrès la douleur, la tristesse qui m'envahi, je sais que je garderai toujours le souvenir d'un homme heureux, soucieux d'être entouré d'une famille unie...moi qui ne l'ai jamais vu malade,...ni porté en terre....
Jusqu'à aujourd'hui je n'ai cessé de penser à lui ...j'ai décidé de garder cette lettre près de mon coeur car elle me rappelle, non pas l'horrible tristesse d'une mort mais l'éclatante joie de la vie. Il est de certaines choses qu'on aimerait releguer dans un coin et les oublier car on ne supporte plus ce qu'elle représente. Mais pour moi, cette lettre représente la joie, le sourire, la chaleur d'un regard aimant, la tendresse et tout simplement l'amour qui ne s'exprime pas avec les mots mes avec le coeur...
Je t'aime Pépé